
SOUTHAMPTON - (Royaume Uni - U.E.) - 30/07/2010 - 3B Conseils - Le marché européen des navires d'équipements est décidément en pleine effervescence en ce mois de juillet, signe que l'activité dans le domaine de la construction des parcs éoliens offshore est bel et bien entrée dans un phase de développement intense. Ainsi dans la foulée des deux projets danois A2SEA et MTHøjgaard annoncés ce mois ci (cf. articles plus bas), un autre géant du service d'équipements maritimes, Offshore Marine Management (OMM), britannique cette fois-ci, annonce à son tour ICI avoir chargé le cabinet indépendant de conception maritime du Royaume Uni, BMT Nigel Gee, de concevoir un navire lui aussi " d'un type entièrement nouveau " capable de mener les opérations de développement et d'entretien des futurs parcs éoliens offshore.
Anticipant la demande croissante de navires sur mesure souhaités par les développeurs et leurs sous-traitants en fonction de leur besoins spécifiques, OMM entend utiliser son expérience et son savoir-faire pour définir les spécifications d'un navire de travail pouvant répondre à de nombreux besoins à la fois. Ainsi ce navire multi-usages est-il capable d'assurer à la fois les opérations très spécialisées de câblage sous-marin (jusque là réservées à des navires câbliers spécifiques) que d'assurer les diverses installations en surface ou de répondre aux exigences de maintenance, y compris le transfert du personnel et le transport sécurisé des composants d'un parc éolien et des pièces de rechange de grande taille. Le navire peut accueillir jusqu'à 40 techniciens spécialisés et intègre (les spécialistes s'y retrouveront) une capacité DPII complète, des équipements mobiles d'accès aux turbines, de même que des fonctions ROV complètes et des installations de plongée. Le navire permettra de couvrir tous les besoins d'un parc éolien, de l'exploitation à la maintenance en passant bien entendu par les fonctions d'inspections sous-marines, les travaux de réparation de câbles, et la capacité de transporter et d'installer du gros matériel tel que les gros composants des turbines.
Extraordinaire certes, mais pas vraiment nouveau par rapport aux projets danois déjà annoncés ce mois-ci ! Pas nouveau si ce n'est qu'il s'agit là d'un projet britannique, signifiant que le Royaume-Uni n'entend pas laisser la main au seul Danemark dans le domaine très porteur, si je peux dire, de l'installation de parcs éoliens offshore. Rob Grimmond, directeur général d'OMM, a fini par avouer que ce navire était conçu en réalité pour anticiper la prochaine phase de développement et d'entretien de deux parcs éoliens offshore du Royaume-Uni ainsi que d'autres projets internationaux en cours de développement ou en construction. " Fort de son expérience, a-t-il déclaré, OMM s'est mis à l'écoute des besoins de ses clients
actuels et potentiels et a bien pris conscience que chaque parc éolien était différent, et qu'il fallait concevoir un bateau capable d'être suffisamment flexible et polyvalent pour répondre aux besoins de chaque client. " BMT Nigel Gee appuiera OMM dans la construction et la livraison des navires. Je rappelle que BMT Nigel Geel a été choisi par The Carbon Trust de même que Gifford et Groupe Freyssinet pour être associés à son programme Offshore Wind Acceleration (OWA) de pose de fondations offshore sur des fonds de 45 mètres (photo 2). BMT Nigel Gee a déjà développé un certain nombre de navires et barges spécifiques pour l'éolien en mer dont une série de trois catamarans en aluminium spécialement conçus pour le transport rapide de personnel sur les parcs nearshore, un navire spécialisé dans le transport des mâts de turbines et un navire spécialisé dans le transport des autres composants lourds d'éoliennes (cf. photos simulation). Le PDF de la fiche technique de ces équipements peut être téléchargé sur le site de BMT Nigel ICI
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : Sites liés.
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- A2SEA construit un nouveau type de navire pour l'éolien offshore ( 15 juillet 2010)
- MTHøjgaard installe les fondations d'un parc éolien offshore (12 juillet 2010)
N O U V E A U
Désormais sous la colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche sur la page du blog), une nouvelle colonne STAGES & FORMATIONS est inaugurée. Elle a pour but de tenir informer les lecteurs chercheurs, doctorants et/ou ingénieurs, voulant se perfectionner dans le domaine des énergies renouvelables marines, des possibilités qui leurs sont offertes en France, en Europe et dans le monde.
vendredi 30 juillet 2010
BMT NIGEL et OMM construisent aussi un navire multifonction éolien
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Libellés : Energie éolienne offshore, Royaume Uni
jeudi 29 juillet 2010
SDE va installer sa centrale houlomotrice à Jaffa

TEL-AVIV - (Israël) - 29/07/2010- 3B Conseils - La compagnie israélienne SDE (dont le site internet est toujours aussi minimaliste) a fait savoir qu'elle avait commencé à construire sa première centrale de production d'électricité à partir de l'énergie des vagues onshore. Cette centrale d'une capacité maximale de 50 MW sera située dans le port de Jaffa. A ce jour, SDE a déjà construit huit modules expérimentaux de récupération d'énergie des vagues et a fait produire à l'un d'eux, pendant plus d'un an, 40 kW. Le projet de Jaffa sera donc le neuvième module à être construit par SDE.
La phase initiale du projet permettra de produire 100 kWh, avec un seul module entièrement automatisé selon les termes (et chiffres de la compagnie). Seul 1/10e de l'ensemble du système sera immergé de façon à minimiser les risques d'endommagement en cas de forte houle. Selon les responsables de SDE, le projet de Jaffa vise un double but : mettre à disposition du port de Jaffa une nouvelle source d'alimentation électrique propre et efficace à un coût raisonnable, l'investissement pour la construction du projet s'élevant à 400.000 $ tout en animant un peu par l'implantation d'une centrale nearshore le brise lame de 1 km de long du port et, second objectif, tenter de réduire l'érosion de la digue provoquée par les hautes vagues.
Israël Electric Corporation a passé avec SDE un accord de rachat de l'électricité ainsi produite au tarif très attractif de 12 cents le kW. Le port de Jaffa sera ainsi le tout premier port maritime à se déclarer officiellement favorable à l'idée d'utiliser des sources d'énergie renouvelables d'origine marines pour produire de l'électricité. SDE ne cache pas son espoir de voir d'autres ports comme Ashdod, Haïfa, Herzeliyah ou d'autres suivre l'exemple de Jaffa et se faire à l'idée d'installer des centrales houlomotrices onshore sur leurs brise-lames. Selon un comparatif avancé par SDE , le coût de construction d'une centrale houlomotrice onshore SDE de 1MW est estimé à 650.000 $, alors qu'une centrale comparable au charbon coûterait en Israël 1,5 million $, une centrale au gaz 900.000 $, une centrale solaire 3 millions de dollars et un parc éolien 1,5 million $.
Je rappelle que le gouvernement Israelien a signé avec SDE un accord portant sur un projet de production de 50MW d'électricité d'origine houlomotrice onshore d'ici à 2020.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : Sites liés. Photos et schéma © SDE
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- L'Etat d'Israël investit dans les vagues (28 mai2008)
- Israël veut construire des centrales EMR pour la Chine (15 juillet 2008)
- SEANERGY LTD : une nouvelle technologie israélienne d'énergie des vagues
(1 février 2010)
- Resolute Marine Energy vise la production d'électricité offshore autonome et le marché africain. ( 20 aout 2008)
N O U V E A U
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Libellés : Energie houlomotrice onshore, Israel
mercredi 28 juillet 2010
CETO va aussi dessaler l'eau de mer !

PERTH - (Australie) - 28/07/2010- 3B Conseils - Carnegie Wave Energy Limited, développeur de la technologie d'énergie des vagues CETO sur laquelle j'ai beaucoup écrit dans ce blog et qui est actuellement en phase de démonstration commerciale, vient d'annoncer ICI que sa demande de projet au National Centre of Excellence in Desalination (NCED) d'Australie a été couronnée de succès. Ce projet, intitulé "Application de la technologie de récupération de l'énergie des vagues CETO pour le dessalement de l'eau de mer" permettra d'évaluer un nouveau processus de dessalement qui se propose de produire de l'eau douce sans émission de CO2 au contraire des autres technologies de dessalement existantes. Le projet rassemble l'expertise académique de l'Université Murdoch (Perth, Australie), et celle des spécialistes (à la fois locaux et internationaux) de l'industrie de l'eau du NCED. Cette annonce intervient à point nommé en pleine phase de déploiement commercial intensif de la technologie CETO dont la particularité est de produire de l'électricité onshore à partir de récupérateur d'énergie des vagues placés nearshore ou offshore.
Le projet de dessalement sera basé au siège du NCED à Rockingham, au sud de Perth, et bénéficiera ainsi de la proximité géographique des sites où CETO est déjà testé depuis quelques années notamment à Fremantle. Le NCED conduit et coordonne la recherche dans le domaine du dessalement pour tout le continent australien ; il bénéficie d'un financement de 20 millions de dollars US émanant du gouvernement et de 5 millions de dollars US émanant du Gouvernement de l'Ouest australien (WA Government). Le Centre a été officiellement lancé par le député Gary Gray, au nom de Penny Wong, ministre du changement climatique, de l'efficacité énergétique et de l'eau.
A cette occasion le directeur général de Carnegie, le Dr Michael Ottaviano, a déclaré : " Nous avons pris conscience que le marché mondial du dessalement recélait un potentiel énorme. L'ouest de l'Australie est internationalement reconnu comme un leader dans le dessalement. Le fait que notre projet initial soit précisément situé dans l'ouest de l'Australie nous place idéalement pour tirer le meilleur parti des possibilités de dessalement au niveau local et puis exporter cette expertise au niveau mondial. Il y a actuellement plus de 10 milliards de US dollars d'investissements dans des projets de dessalement en Australie et le marché mondial devrait être supérieur à 50 milliards par an en 2020 ".
On ne peut que saluer, une fois de plus, la clairvoyance de la compagnie Carnegie Wave Power dont je rappelle qu'elle avait intégré dès l'origine du projet (cf. articles ci-dessous) une fonction de dessalement d'eau de mer à la fonction production d'électricité à partir de l'énergie des vagues nearshore. La compagnie est décidément bien placée pour devenir un des géants de l'exploitation des énergies marines de demain !
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : Sites liés. Schéma CETO © Carnegie WavePower
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- CETO : ultime opération de communication avant commercialisation ! (18 décembre 2009)
- CETO ne sera pas en retard (6 février 2008)
- L'île Maurice adopte le procédé australien CETO (11 Septembre 2008)
- Les Bermudes choisissent l'énergie des vagues (9 octobre 2008)
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mardi 27 juillet 2010
G-TT et CAMBRIDGE CONSULTANTS : une hydrolienne hybride eau douce eau salée

CAMBRIDGE - (Royaume-Uni - U.E.) - 27/07/2010- 3B Conseils - La jeune entreprise britannique travaillant dans le domaine des technologies marines Green-Tide Turbines (G-TT) a fait savoir récemment ICI qu'elle venait de faire appel à Cambridge Consultants pour accélérer le développement d'un concept de nouvelle turbine hydrolienne destinée à opérer aussi bien en milieu marin qu'en eau douce (lacs, rivières, fleuves). Avec ce nouveau type de turbine hydrolienne, G-TT promet de changer la donne dans le monde de l'énergie des courants aussi sûrement que les réacteurs ont changé, en leur temps, le visage de l'aviation ! Leurs nouvelles turbines, du fait qu'elles peuvent capter avec les mêmes performances aussi bien l'énergie des courants présents dans l'eau douce des lacs et des rivières que celle des courants marins, vont contribuer, selon eux, à rendre plus rentable les énergies renouvelables dans le monde. G-TT affirme que son hybride eau douce/eau salée pourrait permettre d'atteindre jusqu'à 30% d'économies totales par rapport aux technologies concurrentes grâce à sa "conception optimisée novatrice qui s'applique à rechercher une plus grande efficacité tout en employant moins de matériau pour la fabrication de la turbine".
Le cabinet de conseils Cambridge Consultants a été engagé pour effectuer diverses analyses dans le domaine de la dynamique des fluides (dont des analyses dites CFD) de façon à prévoir et à planifier le comportement de la turbine G-TT à des profondeurs variables et dans des conditions de forces et de directions de courants différentes. Craig Webster, responsable du secteur des technologies propres chez Cambridge Consultants, a expliqué : "Nous pensons que ce type d'analyses est essentiel pour atteindre de bons résultats dans le processus de R&D de G-TT. Par l'utilisation de modèles appropriés, le processus de développement et les risques liés peuvent être réduits. Il est important que des start-up comme G-TT puissent avoir accès à ce niveau de technologie." De son côté Green-Tide Turbines, par la voix de son directeur, Michael Evans, a déclaré : "En tant que jeune entreprise opérant dans un marché qui en est encore à ses débuts, la sélection de nos partenaires technologiques est un processus décisif. Nous avons suivi les recommandations du monde de l'industrie qui nous a dirigés vers Cambridge Consultants dont le personnel et les compétences sont ciblés autour de l'analyse des turbo-machines. Après une première rencontre, nous avons estimé que CC était le bon partenaire pour nous fournir le soutien informatique et les services d'ingénierie indispensables à notre projet dans le domaine de la dynamique des fluides. Ils font maintenant partie intégrante de notre équipe de développement. " Cambridge Consultants fait remarquer pour finir que " Trop souvent, des restrictions financières, combinées à des obligations de résultats rapides sous la pression des investisseurs, court-circuitent les processus essentiels de R&D. Notre expérience nous a montré qu'il valait mieux faire les choses correctement dès le début, plutôt que d'avoir à apporter des rectificatifs en cours de route et à en supporter les coûts. Nous savons comment appliquer les techniques analytiques d'une manière appropriée dès les premiers stades d'un projet. Nous sommes ravis de travailler avec les jeunes entreprises innovantes, telles que G-TT et sommes prêts à adapter nos services à leurs besoins. Beaucoup de nos clients les plus florissants aujourd'hui ont été des start-up au moment où nous les avons rencontrés. "
Article : Francis ROUSSEAU
Docs. Sites liés. Photos ©Cambridge Consultants © G-TT
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- Futur : des éoliennes-réacteurs plus petites (04 avr. 2008)
Lecteurs abonnés, vous qui recevez chaque jour l'article paresseusement à domicile, ne manquez pas de vous rendre d'un clic sur le blog lui-même où des CORRECTIONS sont apportées en temps réel dans les articles, où une colonne DERNIÈRES NOUVELLES (à droite) et une colonne CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS (à gauche) sont réactualisées en permanence. Vous en apprendrez de belles... et dans toutes les langues !
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Libellés : Energie des courants, Royaume Uni
lundi 26 juillet 2010
EXXONMOBIL et SYNTHETIC GENOMICS commencent leurs tests d'algo carburant

LA JOLLA - (Californie - Etats-Unis) - 26/07/2010 - 3B Conseils - Une certaine agitation règne aux Etats-Unis sur le front des algo carburants depuis que le géant pétrolier ExxonMobil (qui possède donc Esso et Mobil) et le gourou Craig Venter ont fait savoir (ICI) que leur projet d'algo carburant avait franchi un nouveau pas décisif vers sa réalisation commerciale. Je rappelle que l'an dernier, au terme d'un accord passé avec la firme créée par Graig Venter, Synthetic Genomics, Exxon avait injecté 600 millions de dollars dans le démarrage d'une activité de R&D algo carburant dans cette compagnie, qui se proposait d'utiliser le génie génétique pour développer des souches d'algues capables de produire plus efficacement du carburant que celles actuellement testées un peu partout sur la planète. La semaine dernière, les deux partenaires viennent donc officiellement d'ouvrir leur premier site d'essai de production d'algues dans le QG même de Synthetic Genomics, à La Jolla, en Californie.
Cette installation de type culture algale sous serre (cf. photo) est la première étape vers la détermination du fait de savoir si l'algo carburant breveté Synthetic Genomics sera capable de franchir le stade du laboratoire et être produit à une plus grande échelle... ou non. La prochaine étape consistera en une installation de type bassin en plein air que les partenaires se proposent de construire d'ici 2011. On peut effectivement parler de "pas décisif" comme le font Exxon et Synthetic Genomics ... mais on peut surtout parler, encore une fois, d'effet d'annonce. Et force est de constater que Synthetic Genomics est passé maître dans cette forme d'art, moderne entre toutes ! Les médias américains ne sont d'ailleurs pas dupes ; ils ont annoncé l'événement tout en signalant que les deux partenaires en faisaient sans doute un peu trop. Ce à quoi Exxon et Synthetic Genomics ont répondu qu'il valait mieux toujours faire savoir que de laisser une telle nouvelle passée inaperçue. C'est imparable ! Et même moi, pourtant très imperméable aux effets d'annonces, je suis obligé de souscrire ! C'est très fort !
En réalité, il s'est passé chez Synthetic Genomics pas mal de choses depuis la signature de l'accord de l'an dernier, en dehors du fait bien entendu que Graig Venter soit devenu officiellement Dieu, puisqu'en mai 2010 il a réussi à créer la première cellule de synthèse bactérienne - en d'autres termes, la première forme de vie artificielle (j'y reviendrai). Au cours de l'année écoulée donc, pour le sujet des algo carburants qui nous occupe, Synthetic Genomics dit d'une part avoir identifié et isolé un grand nombre de souches d'algues candidates à la production éventuelle de carburant, d'autre part rechercher les meilleures conditions dans lesquelles il sera possible de mettre en culture ces souches dans des bioréacteurs, en gardant présent à l'esprit les impératifs à respecter en termes d'émissions de CO2, d'utilisation des sols et de consommation d'eau. Enfin, fort de sa percée sans précédent dans le monde de la vie artificielle, Synthetic Genomics entend privilégier la mise au point des formes de vie synthétique capables d'apporter de nouvelles sources énergétiques, des organismes spécifiquement développés pour exécuter certaines tâches (comme la transformation de sucre en éthanol par exemple) ce qui aboutirait à un processus très efficace de production de carburant. C'est la théorie avancée par le magazine Earth2tech sachant que les organismes de synthèse, au contraire des organismes naturels, sont créés pour ne remplir qu'une fonction à la fois. La production d'algo carburant à partir d'algues génétiquement modifiées (osons le mot !) reste encore cependant un véritable défi... même pour Graig Venter. Le fait nouveau c'est qu'une compagnie pétrolière de la taille d'ExxonMobil s'implique durablement dans le processus de production avec, sans doute, pour ambition de générer des milliards de litres de carburants d'ici à 2050. C'est tout l'enjeu. Et il ne fait plus de doute aujourd'hui que ce sont les grands pétroliers qui détiennent la solution financière de ce problème. Le Department of Energy américain mise lui aussi sur le fantastique pouvoir des algues à produire des carburants. Selon les chiffres cités par ExxonMobil, les algues pourraient produire plus de 2 000 gallons de carburants par acre et par année de production (7 580 litres), contre 2 463 litres par acre et par an pour la palme, 1 705 litres par acre et par an pour le sucre de canne, 947 litres par acre et par an pour le maïs et 190 litres par acre et par an pour le soja.
Un dossier très complet publié l'an dernier par EURACTIV posait même clairement la question de l'avenir exclusif des biocarburants algaux en Europe. C'était une première pour un secteur qui était regardé jusque-là avec scepticisme par les Européens. Raffaello Garofalo, directeur exécutif de l’EABA, Association européenne de la biomasse algaire (tiens on ne dit plus algal ?), affirmait alors les nombreux bénéfices potentiels de l’utilisation des algues dans la production de biocarburants, en particulier le fait qu'elle ne faisait pas concurrence à l'agriculture traditionnelle et n'utilisait pas des terres utilisables pour les cultures alimentaires. Il mettait néanmoins en garde contre un enthousiasme exagéré pour cette technologie, rappelant qu’il restait de nombreux obstacles avant qu’elle puisse être développée à une échelle commerciale. "Il serait irresponsable de vous donner des dates", confiait-il lors de son entretien avec EurActiv. "Nous voulons éviter une «bulle Internet» où les gens spéculeront sur les quantités et prix des microalgues dans le futur. Il y a un investissement considérable dans cette recherche animée par la conviction que des économies d’échelle et l’amélioration des rendements et des productions sont possibles. C’est une question de temps" concluait-il.
En tout cas les grandes compagnies américaines ExxonMobil, Shell, Valero, Honeywell et Boeing sont déjà sérieusement sur la brèche et ne reculent pas devant les investissements à faire dans le domaine.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs Sites liés. Photos © Synthetics Genomics.
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- Le pétrolier VALERO se tourne vers ALGENOL (14 mai 2010)
- SOLIX, ALGENOL, CATILIN, SYNTHETIC GENOMICS... ils veulent tous produire du diesel algal dans l'année (28 juillet 2009)
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vendredi 23 juillet 2010
L'éolien offshore européen en pleine expansion et l'éolien offshore français en plein désappointement

BRUXELLES - (Belgique - Union Européenne) - 23/07/2010 - 3B Conseils - Selon un communiqué publié ICI par l' European Wind Energy Association EWEA (Association Européenne de l'Energie Eolienne), qui est la voix officielle de l'industrie éolienne en Europe avec plus de 650 membres issus de 60 pays, 118 nouvelles éoliennes offshore posées ont été connectées au réseau électrique au premier semestre 2010. Ces 118 éoliennes d'une capacité installée de 333 MW représentent plus de la moitié des 577 MW offshore installés l'année dernière. De surcroît, 151 autres éoliennes posées (440 MW) et flottantes ont été installées mais n'ont pas encore été connectées au réseau. En tout, 16 parcs éoliens offshore sont actuellement en construction. Parmi ceux-ci, 4 sont devenus entièrement opérationnels : Poseidon au Danemark qui a la particularité de combiner éolien flottant (avec 3 turbines expérimentales) et énergie des vagues, Alpha Ventus en Allemagne, et au Royaume-Uni Gunfleet Sands porté par Dong et Robin Rigg porté par E.on.
En Europe, à ce jour, il existe 948 éoliennes offshore posées et flottantes réparties sur 43 parcs éoliens offshore totalement opérationnels, totalisant une capacité de 2 396 MW au 30 juin 2010. Une fois les 16 projets éoliens offshore achevés, la capacité atteindra 3 972 MW. Parmi les développeurs, E.ON Climate & Renewables a développé 64 % de la capacité du réseau offshore posé connecté durant le premier semestre 2010, suivi par Dong (21 %) et Vattenfall (11 %) (cf. schéma de l'EWEA). Parmi les fabricants, Siemens Wind Power est à l'origine de 55 % de la capacité offshore en réseau connectée au premier semestre 2010, Vestas 36 % et REpower 9 %. Quant à l'éolien offshore flottant, avec les 0,033 MW comptabilisés par l'EWEA, il ne représente pas pour l'instant un pourcentage significatif lui permettant de dépasser les 0%. Selon Justin Wilkes, directeur de la politique à l'EWEA : " Malgré la crise financière, l'éolien offshore continue d'être un secteur à croissance rapide. Le nombre d'éoliennes offshore connectées au réseau s'établit, au premier semestre, bien au-delà de la moitié de la capacité totale installée l'année dernière et je suis certain que nous allons battre des records cette année. Cependant, il ne fait aucun doute que cette industrie émergente est bridée par un manque de financement. Les projets menés par des exploitants de réseaux nationaux sont moins affectés grâce à leur capacité à financer des investissements à partir de leur bilan mais les contraintes sont plus sévères pour les développeurs indépendants. Des prêts des institutions publiques, comme la Banque européenne d'investissement, sont essentiels et ont déjà aidé un certain nombre de projets, et ce soutien doit se poursuivre plus avant. L'Europe est un leader mondial en matière d'éoliennes offshore et de croissance continue et la disponibilité des financements est essentielle pour les emplois européens et la compétitivité aussi bien que pour réduire les émissions de CO2."
Dans ce contexte, et malgré l'enthousiasme de l'EWEA, le magazine en ligne MeretMarine.com se faisait le 9 juillet dernier ICI le relais de l'inquiétude grandissante de la filière industrielle bretonne, première concernée par le développement de l'éolien offshore français. Je rappelle que la France de son côté, qui n'a pour l'instant aucun mégawatt éolien installé offshore, a toujours pour objectif d'installer la bagatelle de 6 000 MW offshore posé et/ou flottant d'ici 2020 c'est-à-dire d'ici moins de 10 ans. Or, lors de la réunion de la Conférence Régionale de la Mer et du Littoral, qui s'est tenue fin juin dans les locaux de la Préfecture maritime de l'Atlantique à Rennes, la planification de l'éolien posé en région Bretagne aurait été remise en question. Jacques Dubost, président de Bretagne Pôle Naval (pôle d'ingénierie, de construction et de réparations navales situé en Région Bretagne) s'est inquiété du décalage dans la réalisation des projets et a expliqué que les craintes portaient essentiellement sur l'éolien offshore " posé " (les éoliennes sur fondation) que " certains voudraient voir limité pour privilégier l'éolien offshore flottant, technologie pourtant pas encore considérée comme mature ". Étonnante déclaration si l'on se souvient que la solution de l'éolien flottant est préconisée et envisagée pour pallier une caractéristique géologique du plateau continental quand celui-ci plonge très vite à peu de distance des côtes à des profondeurs qui interdisent la pose de la plupart des éoliennes sur fondations. Bien que n'étant pas géologue, je crois savoir que c'est précisément le cas d'une grande partie du plateau continental français au large de la Bretagne ! D'un autre côté, le magazine Le Marin dans sa dernière édition en kiosque (n° 3288 semaine du 16/07 au 23/07) titre en une " Les pêcheurs veulent éloigner les éoliennes des côtes ". Bon d'accord ! Mais il faut tout de même savoir que plus on éloignera les éoliennes des côtes, plus elles auront de chance d'être flottantes et non posées, étant donné la particularité du plateau continental atlantique français ! Donc dilemme insoluble... même dans l'eau salée ?! A voir...(mais vite !)
Selon Bretagne Pôle Naval (BPN), les grands industriels du secteur considèreraient quant à eux que " ce sont les investissements dans l'offshore (sous entendu " posé "), qui financeront les recherches permettant d'aboutir à l'émergence des éoliennes flottantes mais aussi des hydroliennes ou encore des fermes houlomotrices ". La bonne nouvelle est que, toujours selon BPN, qui regroupe 70 sociétés de Lorient, Concarneau, Brest et Saint-Malo, de " nombreuses entreprises de la Région auraient déjà intégré ce développement dans leur stratégie et qu'un décalage ou une remise en cause leur serait préjudiciable. " BPN souhaite donc que " la planification retenue génère le plus tôt possible une activité industrielle dans les espaces portuaires de la région ". Pour peu que l'on ait planifié de fabriquer les infrastructures d'éoliennes flottantes dans d'autres ports que ceux de la Région Bretagne (non non je ne citerai aucune région !), on pourrait commencer à mieux comprendre l'objet du désappointement.
Mais après-tout l'essentiel, comme on dit à l'EWEA, c'est de mettre des éoliennes en mer, non ? ! Alors ?...
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : Sites liés. Photos 1 Alpha Ventus © EWEA 2. Capacité éolienne Offshore connectée au réseau au 30 juin 2010 © EWEA. 3 Parc éolien offshore © WPD France
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jeudi 22 juillet 2010
EVOPOD 35 : une hydrolienne flottante pour l'Ecosse

TYNE & WEAR - (Ecosse - Royaume-Uni - U.E.) - 22/07/2010- 3B Conseils-
La turbine hydrolienne Evopod, developpée par Oceanflow, est un dispositif innovant utilisant un brevet protégé à la fois pour une plate-forme flottante semi immergée supportant une unique turbine à axe horizontal et un système d'amarrage. Oceanflow estime qu'Evopod constitue une solution particulièrement économique pour capter l'énergie des courants marins en particulier dans l'environnement spécifique des eaux profondes qui bordent les côtes Écossaises, tout en restant semi immergée. L'objectif d'Oceanflow est de développer une version bi-turbine de sa plate-forme Evopod semi immergée spécifiquement conçue pour cet environnement. Avec EVOPOD 35, aussi nommée OCEANFLOW 35, il s'agit donc en quelque sorte du premier modèle d'hydrolienne flottante capable de s'adapter sur mesure à la configuration de l'environnement où elle doit entrer en fonction. Le système d'amarrage particulier de l'EVOPOD 35 devrait permettre une installation et surtout un entretien plus aisés et, selon le constructeur, peu coûteux y compris en eaux profondes. Seulement voilà si Evopod 35 est la première hydrolienne à flotter elle n'est pas la première à promettre " profondeurs et merveilles ", si on peut dire ! Il va falloir que celle-ci fasse sérieusement les preuves de ce qu'elle avance ; elle a d'ailleurs déjà commencé mais pas de façon assez convaincante selon certains investisseurs particulièrement exigeants.
Un modèle à l'échelle 1/40e a été testé en bassin d'essais à l'Université de Newcastle, grâce à l'aide d'une subvention du NEEIC. À l'échelle réelle, cette unité serait équipée d'un des deux générateurs jumeaux de 1,2 MW, chacun étant couplé à une hydrolienne tripale de 16 mètres. Par des vitesses de courants de 3,2 m/s, l'unité pourrait générer, selon le constructeur, en combinant sa production nominale, 2,4 MW ce qui en ferait une des hydroliennes parmi les plus puissantes du marché. Puissance qui pourrait éventuellement se trouver encore augmenter, dans un futur stade de recherche, par l'ajout d'une turbine éolienne au dessus de la structure flottante. Mais pour en revenir à l'hydrolienne flottane seule, la naissance du premier prototype remonte à 2005, date à laquelle il a été imaginé à l'Université de Newcastle et c'est en 2007 que le constructeur a reçu une première subvention de One NorthEast, agence de développement régional pour le Nord-Est de l'Angleterre, pour mener les premiers essais d'un Evopod et de son système d'amarrage à l'échelle 1/10e dans les conditions réelles du courant sur le site de Strangford Narrows. Les tests ont commencé en juin 2008 et se sont poursuivis au début 2009. En 2010, l'installation s'est prolongée pour permettre au dispositif d'être connecté au réseau du laboratoire maritime et une récente nouvelle subvention du gouvernement écossais lui a été accordée (cf. article d'hier). Le double objectif de l'opération est de démontrer la viabilité de projets d'envergure communautaire et de vérifier la possibilité de mise à l'échelle réelle de dispositifs flottants pouvant produire un nombre significatif de mégawatts dans des environnements difficiles comme celui de Pentland Firth ou d'autres sites similaires. Si les tests réussissent, EVOPOD fournira l'opportunité du premier déploiement commercial d'une hydrolienne flottante et pourra poursuivre un programme quinquennal de recherche à Strangford Narrows, en Irlande du Nord. Le fondateur de la société, Graeme Mackie, n'en est pas à son coup d'essai, il a déjà mené avec succès des développements technologiques dans les domaines de la production pétrolière, gazière et dans le domaine de l'énergie des vagues avant de se concentrer sur la technologie des hydroliennes flottantes. C'est une équipe technique extrêmement expérimentée, aidée des compétences de Scottish Enterprise qui a veillé à la mise au point des prototypes.
Dans un pays qui adore remettre des récompenses à ses inventeurs, Oceanflow a remporté de nombreux prix précisément pour cette turbine flottante et notamment le prix " Spirit of Innovation " en 2006, le Prix de l'Environnement de One North East en 2009 et le Shell "Springboard Award" pour l'Ecosse et le nord de l'Angleterre en 2009.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs . Sites liés. Photos EVOPOD 35 © Ocean Flow
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Libellés : Energie des courants, Royaume Uni
mercredi 21 juillet 2010
Aquamarine, OpenHydro, RWE npower, AWS Ocean Energy et Ocean Flow Energy reçoivent 15 millions d'euros

EDIMBOURG - (Ecosse - Royaume-Uni- U.E.) - 21/07/2010 - 3B Conseils - Selon News Scotman.com, cinq projets d'énergie des vagues ont reçu 13 millions de livres sterling (15 millions d'euros) du Gouvernement écossais décidé plus que jamais à stimuler sa future industrie d'énergies marines renouvelables. Je rappelle que l'Ecosse, selon la formule célèbre de son Premier ministre, a pour ambition de devenir "l'Arabie Saoudite des énergies marines renouvelables". Parmi les heureux bénéficiaires de cette manne gouvernementale il y aurait un projet d'installation de 10 absorbeurs d'énergie des vagues au large des Western Isles, et le développement du dispositif Oyster aux Isles Orcades par la société Aquamarine Power dont le siège social est à Edimbourg. Les subventions ont été accordées par le fond du gouvernement écossais nommé de façon fort approprié WATERS (Wave and Tidal Energy : Research, Development and Demonstration Support). Ce fond a été mis en place pour développer les technologies énergétiques émergentes et améliorer en particulier le fonctionnement des dispositifs d'énergies renouvelables marines. Le Syndicat des Energies renouvelables d'Ecosse se félicite de cet apport financier mais fait remarquer néanmoins qu'il s'agit d'une "goutte dans l'océan" par rapport à ce qui serait nécessaire à terme pour développer le secteur émergent des énergies marines. Les 13 millions de livres sterling ont été répartis comme suit :
- 6 millions pour RWE npower, basé à Swindon (Wiltshire) pour développer la construction de son projet Siadar au large des Western Isles dont l'ambition est de produire 4MW, ce qui en ferait la plus grande ferme houlomotrice en fonctionnement actuellement dans le monde.
- 3,15 millions pour Aquamarine Wave Power et le développement de son OSYTER 3 (3ème génération) à l'European Marine Energy Centre, au large des Orcades, alors que le prototype OYSTER 2 vient juste de recevoir la certification de Det Norsk Veritas (DNV)
- 1,85 million pour l'entreprise irlandaise OpenHydro non pour sa turbine d'énergie des courants déjà bien connue mais pour l'aider à développer un nouveau système de connexion des appareils captant l'énergie marine.
- 1,39 million accordé à AWS Ocean Energy, une entreprise d'Inverness déjà bien connue pour mener à bien ses tests à la fois dans le Loch Ness et à Cromarty Firth.
- 560.000 livres pour Ocean Flow Energy, basée à Tyne and Wear, pour construire son "Evopod" un système particulier de récupération d'énergie des courants, sur lequel je reviendrai en détail dès demain, qui permettra de relier une turbine d'énergie des courants au réseau de Sanda Sound.
(Retrouvez tous mes articles sur ces projets dans la rubrique "A lire aussi sur le sujet" )
Au cours d'une récente visite au dispositif AWS Ocean Energy testé dans le Loch Ness, le ministre écossais de l'énergie, Jim Mather, a déclaré que les mers d'Ecosse avaient un potentiel incomparable pour générer de l'énergie verte et attirer les investissements. "Nous disposons, a-t-il précisé à propos du financement de 13 millions de livres, d'un quart des ressources énergétiques potentielles des courants marins et du dixième des énergies des vagues de toute l'Europe. Ce financement du gouvernement écossais est une nouvelle étape sur la route qui va permettre à l'Ecosse de maximiser ses ressources pour un avenir durable. Les investissements dans le domaine des énergies marines sont élevés et des capitaux sont nécessaires. Nous souhaitons que ces subventions contribuent à attirer davantage d'investisseurs privés."
Niall Stuart, directeur général de Scottish Renewables, a insisté à nouveau sur le fait qu'il s'agissait là "d'un investissement minime par rapport à ce qui serait nécessaire sur le long terme pour développer une industrie des énergies marines viables".
Johanna Yates, directrice des énergies hydrauliques et renouvelables marines au sein de Scottish Renewables, a conclu : "L'Ecosse est le leader mondial dans ce domaine, avec une planification de plus de 1,2 gigawatts d'ici à 2020, mais nous ne pourrons atteindre nos ambitions uniquement si nous pouvons garantir les niveaux d'investissement requis."
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : Sites liés. Photo : Installation de la turbine OpenHydro à l'EMEC © OpenHydro
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- Zoom sur OpenHydro ( jeudi 20 octobre 2008)
- OYSTER 2 : de la seconde génération à la centrale houlomotrice (27 mai 2010)
- AWS OCEAN ENERGY veut concurrencer l'éolien en mer (24 juin 2010)
- Inauguration du prototype WaveGen (11 Aout 2008)
- Commission Européenne : la feuille de route des EMR pour la période 2010-2050 (14 juin 2010)
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Libellés : Energie houlomotrice offshore, Royaume Uni
mardi 20 juillet 2010
Bureau of Ocean Energy, BSEE et ONRR : trois nouvelles entités administratives américaines

WASHINGTON D.C. - (Etats Unis) - 20/07/2010- 3B Conseils - La catastrophe du Golfe du Mexique a eu pour effet de faire littéralement imploser une administration américaine particulièrement hostile aux énergies marines renouvelables, j'ai nommé le MMS (Minerals Management Service) jusqu'alors tout puissant dans la délivrance de permis d'implantation des plates-formes offshore et dont on se souvient peut-être des oppositions constantes avec le DOE (cf. mes articles plus bas dans la rubrique "A lire aussi sur le sujet"). La collusion avérée de ce service avec l'industrie pétrolière et les nombreux cas de corruption qui ont été révélés, malgré une première réforme dès janvier 2009, auront donc finalement abouti à son éclatement implicite en trois parties distinctes dont une qui nous intéresse particulièrement le Bureau of Ocean Energy (BOE) créé le 21 juin 2010. A peine âgé d'un mois, ce nouveau service aurait, selon la revue en ligne Scientific American, considérablement accéléré des projets d'énergie marines renouvelables jusqu'alors en sommeil depuis des années, comme le parc éolien offshore de 700 MW au large de Long Island et plusieurs autres projets (y compris des projets d'exploitation d'énergie des vagues désormais sous son autorité). Sur la demande expresse de l'administration Obama, le nouveau Bureau of Ocean Energy (BOE) est prié de mettre davantage l'accent sur les énergies renouvelables que sur les énergies fossiles à l'inverse de ce qu'avait fait le MMS. Contrairement au MMS aussi, et de façon à prévenir toute tentative de corruption, le BOE ne pourra pas accorder directement de permis, ni percevoir de redevances. La délivrance des permis et la perception des recettes seront désormais traitées par deux entités distinctes de façon à scinder les responsabilités et à éviter les "tentations".
C'est donc désormais le Bureau of Safety and Environmental Enforcement (BSEE), que l'on peut traduire par "Bureau pour la sécurité et l'application des lois environnementales", qui accordera (ou refusera) les permis après consultation d'expertises environnementales. Et c'est un organisme nouvellement formé Office of Natural Resource Revenue (ONRR), que l'on peut traduire par "Office des revenus tirés des ressources naturelles", qui aura exclusivement en charge de recueillir les redevances et de percevoir les loyers des emplacements concédés sur le plateau continental américain.
Le nouveau Bureau of Ocean Energy devrait donc appliquer une politique beaucoup plus efficace (voire même agressive) de développement des ressources renouvelables en mer dans le droit fil de l'initiative déjà prise par le Secrétaire à l'Intérieur Ken Salazar qui avait formé un "Consortium éolien de l'Atlantique" avec les gouverneurs de huit États de la façade Atlantique de façon à accélérer le développement des énergies renouvelables offshore et à faire approuver le projet Cape Wind ridiculement embourbé (entre autres) dans les arguties du MMS depuis plus d'une décennie.
Le premier dossier que le BOE aura à traiter sera donc celui du parc éolien offshore de 700 MW qui, à peine visible de la terre, sera situé à 14 miles (22 kilomètres) au large des côtes de Long Island et pour lequel un nouveau consortium a été formé réunissant New York utility ConEdison, la LIPA (Long Island Power Authority) et la NYPA (New York Public Authority) en vue de déposer une nouvelle demande d'études de faisabilité. Gageons que cette fois-ci, au contraire de la première tentative menée en 2003, elle aboutira !
Le droit au bail pour le projet de Long Island s'élève à 16.000 dollars et concerne une durée de 25 ans ; le loyer annuel est fixé à 200.000 $ que seul l'ONRR est habilité désormais à percevoir. Le Secrétariat à l'Intérieur américain précise que l'ONRR ne recueillera pas un sou avant que la BSEE n'approuve le permis. Une attention particulière sera constamment apportée à ce qu'il n'y ait aucune collusion entre ONRR et BSEE. D'autre part, Ken Salazar a tenu à faire savoir que ces nouvelles normes et ces nouveaux modes de fonctionnement devant éviter la corruption ne concernaient plus seulement le domaine maritime mais seraient aussi désormais applicables sur la terre ferme via le Bureau of Land Management, chargé d'administrer la location des terres pour l'exploitation de l'énergie solaire.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : Sites liés. Photos : Simulations des impacts visuels du parc éolien offshore de Long Island entre 3 et 15 miles de la côte © David Tobias-Project evaluation
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- LE D.O.E américain et l'élaboration d'un plan pour les énergies marines : suite et... fin ? (3 mars 2009)
- L'administration Obama est-elle ambiguë vis-à-vis des énergies marines ? (24juin 2009)
- Un pavé de 462 pages réglemente l'offshore (16 juillet 2008)
- Exploitation du plateau continental américain (28 juillet 2008)
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Libellés : Energie éolienne offshore, Législation, USA
lundi 19 juillet 2010
Parc des Deux Côtes : ultime réunion locale

MERS LES BAINS - (France-U.E.) - 19/07/2010 - 3B Conseils - Après Criel, Saint-Martin en Campagne, Ault et Fort-Mahon, c'est donc à Mers Les Bains que demain, mardi 20 juillet, le public est invité à s'exprimer publiquement pour la dernière fois avant la réunion de clôture de septembre dans le débat public sur le projet de parc éolien en mer des Deux Côtes. Venus nombreux pour les réunions thématiques qui ouvraient ce débat public (dont tous les détails sont consultables ICI), les participants se sont, d'après le service de presse du projet, moins mobilisés sur les réunions de proximité, qui furent pourtant riches en enseignements et en interventions.
Tous les thèmes abordés au cours des tables rondes, à savoir impacts sur l'emploi, sur la pêche, le tourisme, le paysage, la faune et la flore, ont été repris, approfondis et discutés au cours des réunions de proximité. La Compagnie du Vent (CDP) a présenté tous les enseignements tirés des réunions précédentes et a fait des propositions afin de répondre aux attentes et craintes du public.
Les protagonistes de ce projet français porté par la Compagnie du Vent ont constaté que, si des voix s'étaient fait entendre, il s'agissait majoritairement de celles des partisans du "non" à travers des échanges où la passion et l'affectif prennent souvent le pas sur une argumentation plus concrète.
Ainsi on peut résumer les craintes les plus entendues de la façon suivante :
- Voir d'autres projets s'ajouter à celui des Deux Côtes
- Impact visuel négatif sur le paysage
- Perte d'emplois notamment dans la pêche et le tourisme.
Pour tenter de balayer ces craintes La Compagnie du Vent a fait un certain nombre de propositions parmi lesquelles :
- Etudier l'agencement du parc en accord avec les pêcheurs
- Créer un chenal pour éviter le contournement du parc
- Mettre en place un guichet unique pour servir de relais entre la CDV et les acteurs économiques de la région
- Améliorer les études sur la faune et la flore.
La Compagnie du Vent espère que le public se mobilisera largement pour cette dernière réunion de demain à Mers les Bains, comme il l'avait fait à Ault et à Saint-Valéry, villes particulièrement concernées par le projet.
Je maintiens, quant à moi, que ce mode de consultation avec relais immédiat sur un site internet dédié, a été exemplaire et que, si certaines rencontres ont été houleuses, c'est dans la logique de ce type de réunions où la passion l'emporte souvent sur le rationnel.
Ce 20 juillet, la réunion aura lieu a la Salle des fêtes, rue Paul Doumer, à 19 heures.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs. Sites liés. Photos: Réunion pour les deux Côtes © La Compagnie du Vent
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Libellés : Energie éolienne offshore, France
vendredi 16 juillet 2010
L’Institut Français du Pétrole devient l' IFP Energies nouvelles

RUEIL-MALMAISON / LYON ( France -U.E) - 16/07/2010- 3B Conseils - Dans un communiqué de presse daté du 13 juillet 2010 ICI, l'Insitut Francais du Pétrole a annoncé sa mutation en IFP Energies Nouvelles. Persuadés que les énergies fossiles resteront incontournables pendant de nombreuses années encore, les décideurs énergétiques français (institutions et acteurs économiques) commencent néanmoins à s'engager dans la diversification des ressources énergétiques, afin de préparer l’après-pétrole. C'est dans cette optique qu'intégré à la loi portant engagement national pour l’environnement (dite Loi Grenelle 2) qui vient d’être promulguée, le changement de dénomination de l’IFP en IFP Energies Nouvelles est entré en vigueur. Proposée par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM), cette nouvelle dénomination met en cohérence le nom de l’IFP avec la finalité et la réalité de ses programmes de recherche, davantage tournés vers les nouvelles technologies de l’énergie. Elle marque également la reconnaissance de l’IFP, par les pouvoirs publics, comme un acteur majeur du domaine des énergies, renouvelables et fossiles et non plus uniquement comme un acteur des énergies fossiles perçues de plus en plus négativement par le public. Ce changement de nom avait été annoncé par le discours du 9 juin 2009 du Président de la République à Chambéry dans lequel il avait indiqué que la dénomination de l’IFP " ne fait pas justice à la contribution qu’il apporte aux énergies nouvelles ".
En 2000, l’activité de l’IFP était principalement dédiée aux hydrocarbures, mais dix ans plus tard, 50 % de ses programmes de R&D sont consacrés au développement des nouvelles technologies énergétiques (véhicules économes, hybrides et électriques, biocarburants et chimie verte, captage et stockage du CO2, etc...).
L’évolution de la stratégie de l’IFP, entamée en 2003 et structurée dans le contrat d’objectifs 2006-2010, s’inscrit dans un contexte énergétique et environnemental mondial en mutation profonde. Compte tenu de l’inertie du système énergétique (durée de vie des installations industrielles et temps nécessaire pour que les solutions alternatives arrivent à maturité), une période de transition est nécessaire pour faire évoluer les parts respectives des énergies fossiles et renouvelables. Dans les décennies à venir, le secteur des transports verra donc coexister des sources d’énergie traditionnelles (pétrole et gaz) et un bouquet de solutions alternatives. Celles-ci permettront, peu à peu, de sortir d’une dépendance quasi exclusive à l'égard des hydrocarbures. La conservation du sigle IFP et l’ajout du terme "Energies Nouvelles" reflètent très exactement ce positionnement, celui d’une transition fondée sur un mix énergétique incluant énergies renouvelables et énergies fossiles. Par ses recherches innovantes et à finalité industrielle, IFP Energies Nouvelles favorisera l’émergence des technologies « vertes » de demain tout en capitalisant sur ses activités historiques liées aux hydrocarbures. L’IFP mettra au service du développement de ces filières « vertes » les compétences de pointe qu’il a développées dans le secteur pétrolier et gazier, y compris offshore, et qui pourront être redéployées dans le domaine des nouvelles technologies énergétiques, ainsi que son expérience en matière de valorisation et de création d’entreprise . L'IFP n'a d'ailleurs pas attendu son changement d'appellation pour travailler déjà au développement des nouvelles filières énergétiques. Ainsi par exemple, la technologie Esterfip-HTM, qui a été mise au point par l’IFP et commercialisée par son partenaire Axens, représente une innovation majeure dans le domaine de la production des esters méthyliques d’huiles végétales (EMHV). Elle permet la production d’EMHV conformes aux normes européennes tout en assurant une pureté inégalée au co-produit – la glycérine – dont la valorisation reste un facteur déterminant de l’économie de cette filière.
Dans le cadre du futur contrat d’objectifs 2011-2015, l'IFP Energies Nouvelles va poursuivre et intensifier ses travaux dans le domaine des NTE, en intervenant dans de nouveaux domaines liés aux énergies renouvelables, dont les énergies marines, la gestion de l’eau et plus généralement les éco-industries.
Par ailleurs, la nouvelle appellation permet de maintenir la marque IFP, dont la notoriété est fortement ancrée surtout à l’international. IFP Energies Nouvelles traduit donc l’engagement fort de l’entreprise, déjà à l’œuvre depuis une dizaine d’années, au service du développement durable. Un engagement à développer des solutions innovantes pour une transition maîtrisée vers un système énergétique durable et moins carboné.
Représentant plus de 50 métiers, du géologue au motoriste, les 1 710 collaborateurs de l’IFP, basés à Rueil-Malmaison et à Lyon, constituent un ensemble unique de spécialistes et un réseau d’expertises sans équivalent. Depuis sa création, l’IFP est ainsi un acteur majeur du transfert de technologie, avec plus de 40 000 brevets déposés en France et à travers le monde (dont plus de 13 500 sont en vigueur). Son financement est assuré à la fois par le budget de l’État et par des ressources propres, provenant de partenaires privés français et étrangers.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : sites liés.Photos Unicté de production de Biocarburant de l'IFP à Sète © IFP Energies Nouvelles
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Libellés : Energies marines diverses, France, Mix énergétique EMR, Recherche et développement
jeudi 15 juillet 2010
A2SEA construit un nouveau type de navire pour l'éolien offshore

FREDERICIA - (Danemark- U.E.) - 15/07/2010- 3B Conseils-DONG Energy a annoncé ICI que sa filiale A2SEA, leader européen du marché des services de construction et d'installation de parcs éoliens offshore, installée au Danemark, en Allemagne et au Royaume-Uni, a signé le 12 juillet 2010 avec la société chinoise COSCO Shipyard Group Co. Ltd un contrat d'un montant de 139 millions de dollars pour la construction d'un nouveau navire spécialement conçu en vue de l'installation des éoliennes offshore. Ce nouveau navire, le SEA INSTALLER, devrait être livré dans la seconde moitié de 2012. Il sera de type navire jack-up, d'une longueur de 132 mètres, optimisé pour fonctionner sur des fonds pouvant atteindre jusqu'à 45 mètres, ce qui signifie en clair qu'il a été conçu pour participer rapidement à l'installation des futurs projets éoliens offshore au Royaume-Uni et sur les principaux marchés éoliens offshore d'Europe du Nord. Jens Frederik Hansen, PDG d'A2SEA, a déclaré lors de la signature du contrat : " Dans un proche avenir, un nombre croissant de projets éoliens offshore va conduire à une demande plus élevée de navires d'installation. En proposant un nouvel état de l'art des vaisseaux constructeurs, A2SEA sera en mesure de répondre aux besoins futurs et aux exigences de ses clients tout en conservant sa position de premier fournisseur de services d'installation ". La réduction du temps d'installation des parcs éoliens offshore est un facteur déterminant pour faire baisser le coût de leur construction et parvenir à une industrialisation du processus. La conception d'un bâtiment tel que le SEA INSTALLER capable de transporter huit à dix éoliennes à la fois (mâts, turbines et pales) et une soixantaine de personnes (équipage + personnel d'installation des éoliennes) arrive donc à point nommé sur un marché du navire d'installation qui est loin d'avoir cette capacité. A2SEA travaille déjà actuellement sur l'installation des éoliennes offshore des projets de Greater Gabbard et Rødsand 2.
D'autre part, il faut rappeler que A2SEA, détenu par Dong Energy, avait annoncé le 29 juin 2010 l'entrée dans ses actionnaires de Siemens, en vue d'une augmentation de capital. La finalisation de cet accord est prévue pour le quatrième trimestre 2010.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs Sites liés. Photos © A2SEA
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mardi 13 juillet 2010
FINAVERA devient définitivement une compagnie d'énergie éolienne

VANCOUVER - (Canada) - 13/07/2010 - 3B Conseils - Le Canadien Finavera a annoncé sur son site ICI qu'il venait de conclure un accord définitif de vente de sa filiale "énergie des océans", ce qui comprend tous les actifs et la propriété intellectuelle de sa technologie de récupération d'énergie houlomotrice offshore AquaBuOY. Suite à cette annonce, le cours de l'action Finavera est resté stable et Jason Bak, PDG de la compagnie canadienne, a précisé, sans surprise, puisque j'en faisais l'annonce sur ce blog il y presque deux ans déjà ICI, que Finavera se tournerait désormais exclusivement vers l'exploitation de l'énergie éolienne. La compagnie développerait en effet des projets éoliens au Canada et Irlande. Aucun détail n'a cependant été communiqué quant au nom de l'acheteur ou aux montants financiers du rachat de la partie énergies marines de Finavera. Curieux de constater à quel point Finavera, qui a été pendant ces trois dernières années le champion toutes catégories des effets d'annonces et qui se présentait en 2007 comme "le numéro 1 mondial des énergies marines" (cf. nos articles ci-dessous), a décidé de la jouer désormais discrète et modeste ! Tout au plus un porte-parole de Finavera a-t-il fait savoir ici et là que plus d'informations seraient données sur la transaction dans les 60 jours à venir. L'acheteur devrait assumer également toutes les dettes de Finavera notamment celles liées à son département "énergies marines". Ainsi donc, et malgré l'intérêt que continuera sans doute à lui porter l'industrie des énergies marines, la technologie de récupération d'énergie des vagues offshore AquaBuOY, de type bouée, semble se terminer par ce qu'il faut bien assimiler à un fiasco. Un dispositif prototype de 24 mètres de hauteur et d'un coût de 2 millions de dollars avait été testé en octobre 2007 au large des côtes de l'Oregon et, après moins de deux mois d'essais, avait coulé. Les responsables de la société eurent beau déclarer que la cause du naufrage était plutôt à rechercher dans la section flotteur de l'appareil que dans le choix de la technologie de production par bouée flottante, la confiance était émoussée. Il faut dire que la compagnie elle-même ne semblait guère motivée sur le projet puisque, quelques mois à peine après le naufrage, elle faisait déjà part de son intention de se concentrer sur l'énergie éolienne. Il faut rappeler que Finavera a négocié des accords de rachat d'électricité sur 25 ans pour ses projets éoliens qui totaliseraient pour l'instant 301 MW de capacité en Colombie-Britannique (Canada).
Article : Francis ROUSSEAU
Docs Sites liés. Photos AquaBuOY©Finavera
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- Le canadien Finavera se tourne vers l'éolien (26 novembre 2008)
- Etats-Unis : l'énergie des vagues en phase commerciale (15 janvier 2008 )
- Les Etats-Unis décident de surfer sur l'énergie des vagues (21 decembre 2007)
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lundi 12 juillet 2010
MTHøjgaard installe les fondations d'un parc éolien offshore

NORFOLK - (Royaume-Uni - U.E.) - 12/07/2010- 3B Conseils - Poser une éolienne en mer nécessite un long travail de préparation du terrain et ce d'autant plus qu'il faut bien garder en mémoire que la plupart des opérateurs ont obligation de restituer la concession maritime après exploitation du parc, dans l'état originel où ils l'ont trouvée. Ainsi, dans le cas précis du futur parc éolien offshore de Sheringham Shoal qui produira 317 MW, ce ne sont pas moins de trois navires qui ont été nécessaires à la préparation, au transport et à la mise en place de la première fondation tout juste installée sur site par l'entreprise MTHøjgaard à 35 km au large des côtes de Norfolk au Royaume-Uni. C'est l'entreprise MTHøjgaard qui gèrera l'ensemble des opérations de fabrication, de préparation, de transport et d'installation des fondations mono-piles.
Un premier navire le "Nordnes" a préparé les fonds marins en plaçant sur chaque emplacement des futures mono-piles un amas de roches destinées à assurer une protection durable contre les affouillements. Ces amas de roches, dans lesquels pourront s'implanter naturellement de véritables pépinières à poissons, devront être retirés au moment du démontage du parc à la fin de sa vie commerciale et les fonds devront être rendus à leur configuration primitive.
C'est un second navire de transport lourd à double coque, le " Svanen ", déjà utilisé pour des opérations similaires dans d'autres parcs éoliens offshore, qui est chargé du transport sur site des fondations mono-piles elles-mêmes, qui mesurent de 44 à 61 mètres de long et pèsent entre 375 et 530 tonnes. Pour plus de précisions, sur son site internet, MTHøjgaard communique le descriptif de l'opération ICI. Dans les neuf mois à venir, le " Svanen " va continuer d'installer les 88 autres fondations en vue de l'implantation d'ici 2011, des 88 mâts de 80 mètres de hauteur supportant 88 turbines de 3,6 MW dont les pales mesureront 52 mètres.
Chaque fondation se compose de deux parties : une mono-pile tubulaire en acier et une pièce dite "intermédiaire" montée sur le dessus ; c'est la partie jaune que l'on voit généralement dépasser de la surface des flots par mer calme et qui est destinée à supporter le mat de la turbine elle-même. Cette seule pièce intermédiaire mesure 22 mètres et pèse environ 200 tonnes. La mono-pile et la pièce intermédiaire ont été apportées sur site, des Pays-Bas et de Belgique où elles ont été fabriquées, sur un troisième navire de type barge le " Toisa Sonata " mesurant 87 mètres. A partir de cette première installation, les fondations devraient commencer à arriver sur site dans un ordre séquentiel et être installées selon un modèle pré-établi, chacun étant conçu et fabriqué sur mesure en fonction de la profondeur précise de son installation ; les fonds où les mono-piles seront installées varient de 15 à 22 mètres, mais ces 7 mètres de dénivelé ne devront pas être perceptibles à la surface des flots où toutes les éoliennes pointeront évidement à la même hauteur. C'est cet ajustement précis qui explique que chaque fondation soit unique et doive être faite sur mesure. Jesper Byberg, le directeur de projet Sheringham Shoal a précisé : "La licence pour ce parc éolien a été accordée en 2004 et c'est donc un grand succès pour nous de parvenir, 6 années plus tard, à la concrétisation sur site de l'installation des fondations. Ces fondations sont le résultat d'un fantastique travail d'ingénierie et ont mobilisé de multiples compétences et talents pour permettre aux éoliennes qu'elles supporteront d'affronter la violence des conditions marines extrêmes".
Le parc éolien offshore Sheringham Shoal est détenu à parts égales par les deux géants norvégiens de l'énergie Statoil et Statkraft rassemblés pour cette opération dans le consortium Scira Offshore Energy Limited. Statoil est l'opérateur du projet durant la phase de développement. Scira sera l'opérateur du parc éolien.
Article : Francis ROUSSEAU
Docs : Sites liés. Photo ©MTHøjgaard
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vendredi 9 juillet 2010
Shanghai Donghai Bridge : le premier parc éolien offshore chinois alimente le réseau

SHANGHAI - (Chine) - 09/07/2010 - 3B Conseils- Selon un communiqué du fabricant chinois Sinovel (ICI), comme promis par les autorités chinoises, c'est en pleine Exposition Universelle de Shanghai que le tout premier parc éolien offshore de Chine a commencé à livrer commercialement de l'électricité cette semaine, un mois après que les turbines aient été connectées au réseau national. Ce projet en mer de 102MW d'un montant de 2,3 milliards de yuan renminbi (273 millions d'euros), situé à proximité de Shanghai East Bridge et appelé Shanghai Donghai Bridge, peut générer 267 millions de kWh d'électricité par an, fournissant environ 200.000 foyers de la ville Shanghai et réduisant de 200.000 tonnes les rejets de CO2. Les 34 turbines éoliennes de 3MW, qui constituent ce parc en mer, ont été fabriquées par l'équipementier chinois Sinovel, qui a commencé la construction du parc éolien en septembre 2008 et l'a terminée en février 2010. Selon Sinovel : " L'électricité produite a commencé à alimenter d'abord le site de l'exposition Universelle Shanghai World Expo avant d'être distribuée aux foyers". La Chine est fière de ce premier parc offshore non seulement parce qu'elle a réussi la prouesse industrielle de livrer 15 turbines en moins de 24 jours (entre le 15 mai dernier et le 15 juin ) de façon à ce que le parc soit achevé à temps pour l'Exposition Universelle mais surtout parce que, totalement inexpérimentée dans le domaine de l'éolien offshore il y encore 3 ans, la Chine a réussi l'exploit de construire un parc éolien offshore dans des délais records ! Sinovel communique d'autre part qu'une seconde phase de 100MW en cours de préparation sur le côté ouest du Shanghai Donghai Bridge a reçu l'approbation des autorités locales.
La ressource énergétique éolienne exploitable de la Chine est estimée à 750 GW onshore et 250 GW offshore. Le gouvernement chinois a pour objectif d'installer 30 GW de capacité offshore d'ici à 2020. Un appel d'offres public a été lancé dans le pays pour mener à bien quatre nouveaux projets d'énergie éolienne offshore dans la province du Jiangsu, dont la capacité combinée sera de 1 GW. L'appel a été lancé en mai 2010 et prendra fin en septembre 2010. Les quatre projets se répartiront en deux parcs près de la côte, dont chacun aura une capacité de 300 MW, et deux sur les estrans avec une capacité de 200 MW chacun. De nouveaux appels d'offres publics seront lancés au cours des cinq prochaines années pour atteindre un objectif national de 5 GW installés d'ici 2015. Sinovel envisage l'enjeu de l'éolien offshore comme une véritable " guerre " à mener (c'est le terme employé dans la deuxième partie du communiqué) et conclut son communiqué par un de ces élans lyriques tout à fait dans le goût de la prose communiste révolutionnaire : " De l'éolien pour l'Orient ; de l'énergie pour l'est de la Chine ; Sinovel alimentera le Monde ! " . (Wind from the orient; power from the East China Sea; Sinovel Wind powers the World!). La prose s'applique cette fois-ci au domaine industriel et, autant le savoir, elle ne connait pas le conditionnel ; seul le futur et le présent y sont employés. Quant au passé, est-il utile de rappeler le sort qui lui a déjà été réservé !
Article : Francis ROUSSEAU
Docs Sites liés. Photos © SINOVEL
A LIRE AUSSI SUR LE SUJET :
- HONGKONG ELECTRIC lance le projet éolien offshore du Lamma Channel (8 février 2010)
- SINOVEL: une éolienne offshore "made in China" de 3MW (2 mars 2010)
- La Chine, première capacité éolienne offshore mondiale (8 septembre 2009)
- Le point sur l'éolien offshore en Chine (17 septembre 2008)
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